L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a mis en place un indice de stabilité visant à mesurer les perceptions de stabilité des populations haïtiennes et à analyser les facteurs déterminants. Cet outil, déployé depuis fin 2024, s’inscrit dans une démarche systématique d’identification des poches de stabilité et d’instabilité à travers le territoire national. Il contribue à l’élaboration et l’ajustement de stratégies intégrées combinant les approches humanitaires, de transition, de stabilisation et de développement, en tenant compte des spécificités géographiques.

Par sa nature récurrente, l’indice permet un suivi continu de l’évolution de la situation et une adaptation progressive des stratégies de réponse. Le présent rapport synthétise les résultats du deuxième cycle de collecte de données.

L’indice de stabilité repose sur l’évaluation de 34 indicateurs clés structurés selon trois domaines thématiques :

  1. Moyens de subsistance et services de base (13 indicateurs)
  2. Cohésion sociale (9 indicateurs)
  3. Sûreté et sécurité (12 indicateurs)

Principales Conclusions

1. Disparités territoriales de la stabilité

Les données révèlent une distribution hétérogène des niveaux de stabilité : les scores demeurent moins élevés dans la capitale qu’en zones provinciales. Cependant, certains départements provinciaux, notamment le Centre et l’Artibonite, présentent une trajectoire de détérioration à noter.

À l’inverse, le Grand Sud (départements du Sud, Sud-Est, Grande-Anse et Nippes) et le Nord se distinguent comme des zones de stabilité relative, propices à l’accueil des Personnes Déplacées Internes (PDI) et des retournés forcés. Ces territoires offrent les conditions nécessaires pour la mise en place de solutions durables : intégration locale des PDI et réintégration durable des personnes retournées.

2. Facteurs déterminants de la stabilité

L’analyse identifie la cohésion sociale et la sécurité comme les leviers principaux influençant les niveaux de stabilité, d’impact quasi équivalent. Le renforcement de ces deux piliers apparaît dès lors comme prioritaire pour consolider la stabilité globale.

Implications Opérationnelles

Ces résultats justifient une différenciation géographique des interventions : réponses humanitaires immédiates et programmes de réduction des violences dans les zones à stabilité faible (notamment la capitale), tandis que les zones à stabilité relative privilégient les programmes de transition et développement à moyen et long terme.

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