Rapport du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti (E/2005/66)

A sa session de fond de 2004, le Conseil économique et social a décidé de réactiver le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti (résolution 2004/52 du 23 juillet 2004). Quelques mois plus tard, dans sa décision 2004/322 du 11 novembre 2004, il a désigné comme membres les Représentants permanents du Bénin, du Brésil, du Canada, du Chili, de l’Espagne, d’Haïti et de Trinité-et-Tobago auprès de l’Organisation des Nations Unies. La Présidente du Conseil économique et social et le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti ont également été invités à  participer au Groupe consultatif. A sa première réunion, le 23 novembre 2004, le Groupe consultatif a décidé que l’Ambassadeur Allan Rock, Représentant permanent du Canada auprès de l’Organisation des Nations Unies, occuperait la présidence.
Le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social a été chargé par le Conseil de suivre le développement à  long terme d’Haïti et de formuler des conseils à  ce sujet. En avril 2005, le Groupe consultatif s’est rendu en Haïti en même temps que le Conseil de sécurité.
Le Groupe consultatif reconnaît que le nouveau gouvernement qui sera mis en place en février 2006 rencontrera d’énormes problèmes. Certains éléments permettront toutefois d’aller de l’avant, par exemple l’amélioration de la stabilité macroéconomique et de la gouvernance économique et la possibilité d’une initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Le cadre de coopération intérimaire devrait d’ici là  donner des résultats tangibles au titre des nombreux projets déjà  entrepris et de ceux qui ont été annoncés à  Cayenne (Guyane française) en février 2005.
La première action du nouveau gouvernement devrait consister à  arrêter ses priorités à  court, moyen et long terme. Les travaux ont commencé en vue de jeter les bases d’un document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), dont le nouveau gouvernement pourrait faire son document de planification à  moyen terme.
Une large gamme d’intervenants nationaux, dont des associations de femmes, des chefs d’entreprise, des universitaires, des petits exploitants et autres représentants de la société civile, devraient s’employer à  engager un dialogue suivi au plan national pour aller de l’avant.
Le nouveau gouvernement ne pourra pas s’attaquer d’emblée à  tout ce qui doit être fait : il devra se concentrer sur un petit nombre de domaines pour montrer aux Haïtiens qu’une action est menée. Le bon enchaînement des activités sera crucial pour renforcer les ministères et les services gouvernementaux, et pour garantir que les mesures de modernisation de l’économie ont des incidences positives pour les pauvres.
Le Groupe reconnaît que la principale responsabilité pour la mise en place d’un gouvernement stable et démocratique est entre les mains du peuple haïtien.

Toutefois, la communauté internationale doit jouer un rôle d’appui à  long terme, notamment par le biais du Conseil économique et social. Cela étant, le Groupe consultatif formule les recommandations ci-après pour examen et décision par le Conseil économique et social. Ces recommandations s’adressent au Conseil économique et social, à  la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et à  l’équipe de pays des Nations Unies, aux autorités haïtiennes et à  la communauté des donateurs.

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